Une société constituée au Royaume-Uni est en principe résidente fiscale britannique et soumise à la Corporation Tax sur ses bénéfices : 19 % jusqu’à 50 000 £ de bénéfices, 25 % au-delà de 250 000 £, avec un allègement dégressif (« marginal relief ») entre les deux.
L’impôt se paie 9 mois et 1 jour après la clôture de l’exercice. Le dirigeant et les actionnaires sont ensuite imposés selon leur propre situation (résidence, rémunération, dividendes), et une activité exercée à l’étranger peut créer des obligations dans d’autres pays.
Cette page est un guide de référence côté britannique. Si vous dirigez votre société depuis la France (résidence fiscale française, direction effective, établissement stable en France, déclarations françaises), lisez d’abord notre guide Créer une société en Angleterre depuis la France : nous n’en reprenons ici que l’essentiel.
Pour situer le Royaume-Uni parmi les autres juridictions, voir notre présentation de la juridiction Grande-Bretagne et notre panorama des juridictions.
Taux vérifiés le 21 octobre 2026 sur GOV.UK. Les taux, seuils et allègements évoluent à chaque loi de finances : revérifiez-les avant toute décision. Cette page ne remplace pas un conseil personnalisé.
Sommaire
- Quels impôts au Royaume-Uni ? Vue d’ensemble
- La Corporation Tax : taux et fonctionnement
- Déclaration et paiement : le calendrier
- Résidence fiscale d’une société britannique
- Le dirigeant et les actionnaires : salaire, dividendes, prêts
- Activité internationale : ce qu’il faut examiner
- Réduire sa charge fiscale : ce qui est légitime
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Quels impôts au Royaume-Uni ? Vue d’ensemble
La question « quel impôt en Angleterre ? » recouvre en réalité plusieurs prélèvements distincts, qui ne frappent pas les mêmes personnes.
| Impôt | Qui le paie ? | Sur quoi ? | Pour en savoir plus |
| Corporation Tax | La société | Ses bénéfices imposables | Voir ci-dessous |
| TVA (VAT) | Collectée par la société immatriculée, supportée par le client final | Ventes imposables de biens et de services | Guide TVA d’une société anglaise |
| Impôt sur les dividendes | L’actionnaire (personne physique) | Dividendes perçus, selon sa résidence fiscale | Voir ci-dessous |
| Impôt sur le revenu et cotisations (PAYE, National Insurance) | Le salarié ou dirigeant salarié, et la société en tant qu’employeur | Salaires versés | Voir ci-dessous |
| Retenues à la source | Le bénéficiaire, via la société débitrice | Certains intérêts et redevances, selon les conventions | Voir ci-dessous |
Notre FAQ répond brièvement à la question dois-je payer des impôts sur les bénéfices ou les intérêts générés par mon entreprise ? ; cette page en détaille les mécanismes.
La Corporation Tax : taux et fonctionnement
Les taux pour l’exercice 2026/27
| Bénéfices imposables | Taux |
| Jusqu’à 50 000 £ | 19 % (« small profits rate ») |
| Entre 50 000 £ et 250 000 £ | Taux principal de 25 % moins un allègement dégressif (« marginal relief »), pour un taux effectif compris entre 19 % et 25 % |
| Plus de 250 000 £ | 25 % (taux principal) |
Selon GOV.UK, l’impôt se calcule aux taux applicables pendant la période comptable de la société. Si la période chevauche deux exercices fiscaux (qui commencent au 1er avril), il faut répartir les jours entre les taux applicables.
Ces seuils de 50 000 £ et 250 000 £ sont réduits proportionnellement pour les périodes comptables de moins de douze mois et en fonction du nombre de sociétés associées.
Le marginal relief, pas à pas
Entre 50 000 £ et 250 000 £, on calcule d’abord l’impôt au taux principal de 25 %, puis on retranche l’allègement, calculé selon la formule publiée par l’administration : (250 000 £ − bénéfices) × 3/200 (pour une société sans revenus de dividendes complexes).
Exemple. Pour 100 000 £ de bénéfices imposables :
- impôt au taux principal : 100 000 × 25 % = 25 000 £ ;
- allègement : (250 000 − 100 000) × 3/200 = 2 250 £ ;
- impôt dû : 25 000 − 2 250 = 22 750 £, soit un taux effectif de 22,75 %.
Dans cette tranche, chaque livre de bénéfice supplémentaire est taxée à un taux marginal effectif de 26,5 %, ce qui explique que le taux moyen monte progressivement de 19 % à 25 %. L’allègement n’est pas toujours automatique dans les calculs : il faut le prendre en compte lors de la déclaration.
Les sociétés associées et les sociétés d’investissement
- Sociétés associées. Les seuils de 50 000 £ et 250 000 £ sont divisés par le nombre total de sociétés associées (par exemple, avec une société associée, le taux de 19 % ne s’applique que jusqu’à 25 000 £). Si vous détenez plusieurs sociétés, ce point est essentiel.
- Sociétés d’investissement à capital fermé (« close investment-holding companies »). Selon plusieurs sources, elles ne bénéficient ni du taux réduit ni du marginal relief. Si votre société détient surtout des placements ou des biens, vérifiez son statut.
Ce qui est imposé
Une société résidente est en principe imposée sur ses bénéfices mondiaux, c’est-à-dire ceux de son activité, de ses placements et de ses cessions d’actifs, après déduction des charges admises. Les dividendes versés aux actionnaires ne sont pas une charge déductible.
Les pertes peuvent en principe être reportées sur des exercices ultérieurs, selon les conditions de la loi. Certains allègements existent (par exemple pour la recherche et développement, les investissements en équipements ou les brevets), sous conditions strictes : ils ne s’appliquent pas à toute société.
Pour la comptabilité qui précède le calcul de l’impôt, voir notre guide de la comptabilité d’une Ltd.

Déclaration et paiement : le calendrier
- Immatriculation à la Corporation Tax. La société doit se déclarer auprès de HMRC dans les trois mois suivant le début de son activité.
- Paiement. L’impôt est dû 9 mois et 1 jour après la fin de la période comptable. Les très grandes sociétés (au-delà d’un certain niveau de bénéfices) paient par acomptes : vérifiez si c’est votre cas.
- Déclaration (CT600). Elle est déposée dans les 12 mois suivant la fin de la période comptable, accompagnée des comptes et du calcul de l’impôt.
- Retard. Une déclaration tardive entraîne des pénalités, et un paiement tardif des intérêts.
Pour une clôture au 31 décembre 2026, le paiement est donc dû au plus tard le 1er octobre 2027 et la déclaration au 31 décembre 2027. Les autres échéances (comptes, confirmation statement) sont présentées dans notre vue d’ensemble des obligations annuelles.
Résidence fiscale d’une société britannique
La résidence détermine l’étendue de l’imposition. Pour une société, deux règles se combinent :
- La règle de l’incorporation. Une société constituée au Royaume-Uni est, en droit interne britannique, résidente fiscale britannique.
- La règle du lieu de direction et de contrôle. Une société constituée à l’étranger est considérée comme résidente britannique si sa direction et son contrôle centraux s’y trouvent. Cette notion se détermine selon les faits (qui prend les décisions essentielles, et où).
Pour une Ltd gérée depuis un autre pays, deux États peuvent donc la considérer comme résidente (double résidence). Lorsqu’une convention fiscale existe, elle comporte en général une clause de départage, qui peut conduire à traiter la société comme résidente d’un seul État, selon le lieu de direction effective ou par accord entre les autorités.
Les conséquences sont importantes : fiscalité de la société, retenues à la source, droit de taxer les bénéfices.
Pour le cas d’un dirigeant résidant en France, les critères et les risques sont détaillés dans notre guide Créer une société en Angleterre depuis la France. Sur le principe de réalité économique, voir aussi Comprendre la notion de substance fiscale.
Le dirigeant et les actionnaires : salaire, dividendes, prêts
La fiscalité de la société et celle de son dirigeant sont deux sujets distincts. Un dirigeant peut en principe être payé de plusieurs façons, qui n’ont pas le même traitement :
- Un salaire, déductible pour la société, soumis au système de paie britannique (PAYE) et à des cotisations lorsque les conditions sont remplies ;
- Des dividendes, distribués sur des bénéfices distribuables, non déductibles pour la société ;
- Des remboursements de frais ou de comptes courants, à documenter.
Impôt britannique sur les dividendes (personne résidente)
Pour un actionnaire résident au Royaume-Uni, GOV.UK indique, du 6 avril 2026 au 5 avril 2027, une franchise annuelle de 500 £ de dividendes, puis les taux suivants au-delà de cette franchise :
| Tranche d’impôt sur le revenu | Taux sur les dividendes |
| Taux de base | 10,75 % |
| Taux supérieur | 35,75 % |
| Taux additionnel | 39,35 % |
Et si le dirigeant ou l’actionnaire est non-résident ?
Ces taux concernent les personnes résidentes. Pour un actionnaire ou un dirigeant résidant à l’étranger, l’imposition dépend de sa résidence fiscale, de la nature du revenu, du lieu où les fonctions sont exercées et de la convention fiscale applicable.
Le Royaume-Uni n’applique en principe pas de retenue à la source sur les dividendes, mais le pays de résidence de l’actionnaire peut les taxer. Avant de verser un salaire ou des dividendes à un non-résident, faites valider le traitement dans les deux pays.
Les prêts de la société à son dirigeant
Un dirigeant qui emprunte à sa société sans rembourser dans les délais s’expose à une charge fiscale spécifique pour la société, et à un régime particulier pour l’avantage reçu. Il est préférable de régulariser le compte courant avant la clôture. Voir aussi notre FAQ : une même personne peut-elle être actionnaire et dirigeant ? et quelle différence entre actionnaire et directeur ?
Activité internationale : ce qu’il faut examiner
Une Ltd peut travailler avec des clients du monde entier. La question fiscale est alors de savoir où naissent les obligations. Le tableau ci-dessous résume les situations courantes ; chacune doit être validée.
| Situation | Points à examiner |
| Services facturés à des clients étrangers, activité menée depuis le Royaume-Uni | Corporation Tax britannique sur les bénéfices ; TVA selon le statut du client (voir le guide TVA). |
| Activité exercée par le dirigeant depuis un autre pays | Résidence de la société, risque d’établissement stable dans ce pays, droit d’imposer les bénéfices selon la convention. |
| Présence permanente à l’étranger (bureau, salariés, agent ayant le pouvoir d’engager la société) | Établissement stable : obligations fiscales locales possibles, avec mécanismes d’élimination de la double imposition. Voir notre étude de cas contrat d’agence au Royaume-Uni. |
| Vente de biens ou de services numériques à l’étranger | TVA ou taxes locales dans les pays de livraison ; formalités douanières. Voir nos pages vente de produits physiques en ligne et commerce en ligne de logiciels. |
| Intérêts et redevances versés à l’étranger | Retenue à la source britannique possible, souvent réduite ou supprimée par convention ou par un régime d’exonération, sous conditions. |
| Transactions avec des sociétés liées | Règles de prix de transfert : les prix doivent refléter des conditions de marché ; certaines petites entreprises bénéficient de dispenses. |
| Détention de filiales ou d’actifs à l’étranger | Règles propres aux dividendes de source étrangère, aux sociétés étrangères contrôlées et aux obligations déclaratives des pays concernés. |
La double imposition
Lorsque deux pays peuvent taxer le même revenu, les conventions fiscales et les droits internes prévoient des mécanismes d’élimination (crédit d’impôt ou exemption, selon les cas). Ils ne jouent pas automatiquement : il faut les revendiquer et documenter la situation.
Pour une réflexion plus large sur l’implantation, voir notre page délocalisation d’entreprise et nos ressources de fiscalité internationale.
Réduire sa charge fiscale : ce qui est légitime
Un taux de Corporation Tax peu élevé ne signifie pas un impôt faible pour l’ensemble de la structure : l’imposition personnelle du dirigeant et le lieu réel de l’activité comptent autant. Une approche prudente repose sur :
- Des charges réelles et justifiées, correctement documentées ;
- Les allègements auxquels vous avez réellement droit (investissements, recherche et développement, pertes reportées) ;
- Un arbitrage éclairé entre rémunération, dividendes et réinvestissement, à examiner dans les deux pays concernés ;
- Une organisation cohérente avec la réalité : lieu de décision, lieu de travail, contrats et banque (voir notre guide du compte professionnel pour une Ltd) ;
- Une vérification avant la constitution, et non après les premières factures.
Vous pouvez aussi utiliser notre simulateur de réduction d’impôt pour une première estimation, sans y voir une garantie. Pour choisir entre forme sociétaire et partenariat, voir notre comparatif Ltd ou LLP.
Les erreurs fréquentes
- Retenir « 19 % » comme taux unique. Il dépend des bénéfices, du marginal relief et des sociétés associées.
- Penser que le siège à Londres règle la question de la résidence. Le lieu réel de direction compte aussi.
- Confondre impôt de la société et impôt du dirigeant. Ce sont deux calculs séparés, dans deux pays éventuellement.
- Distribuer des dividendes sans bénéfices distribuables ou sans formalisation.
- Oublier l’enregistrement à la Corporation Tax dans les trois mois du début d’activité.
- Négliger les sociétés associées qui réduisent les seuils.
- Ignorer l’établissement stable à l’étranger lorsque l’activité y est réellement exercée.
- Payer ou déclarer en retard : pénalités et intérêts.
Questions fréquentes : fiscalité d’une société britannique

Quel est le taux d’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni en 2026 ?
Pour l’exercice 2026/27, le taux est de 19 % jusqu’à 50 000 £ de bénéfices, de 25 % au-delà de 250 000 £, avec un allègement dégressif (marginal relief) entre ces deux seuils. Les seuils sont réduits pour les sociétés associées et les périodes de moins de douze mois.
Comment fonctionne le marginal relief ?
On calcule l’impôt au taux de 25 % sur les bénéfices, puis on retranche un allègement égal à (250 000 £ − bénéfices) × 3/200. Pour 100 000 £ de bénéfices, l’impôt est de 25 000 £ − 2 250 £ = 22 750 £.
Quand faut-il payer la Corporation Tax ?
9 mois et 1 jour après la fin de la période comptable. La déclaration (CT600) est due dans les 12 mois suivant cette date de clôture.
Une Ltd détenue par un non-résident paie-t-elle la Corporation Tax britannique ?
En principe oui : une société constituée au Royaume-Uni est résidente fiscale britannique. Une convention fiscale peut toutefois conduire à la considérer comme résidente d’un autre État si elle y est effectivement dirigée. Chaque situation doit être analysée.
Quel est l’impôt sur les dividendes d’une Ltd ?
Pour un actionnaire résident au Royaume-Uni, du 6 avril 2026 au 5 avril 2027 : franchise de 500 £, puis 10,75 %, 35,75 % ou 39,35 % selon la tranche d’impôt sur le revenu. Pour un non-résident, l’imposition dépend de son pays de résidence et de la convention applicable.
Les dividendes sont-ils déductibles du bénéfice de la société ?
Non. Les dividendes sont une distribution de bénéfices après impôt ; ils ne réduisent pas la base de la Corporation Tax.
Une société anglaise est-elle imposée sur ses revenus à l’étranger ?
Une société résidente est en principe imposée sur ses bénéfices mondiaux. Des mécanismes d’élimination de la double imposition peuvent s’appliquer lorsqu’un autre pays taxe aussi ces revenus.
Une société anglaise peut-elle payer moins d’impôt qu’une société française ?
Cela dépend de la situation : niveau de bénéfices, lieu où l’activité est exercée, résidence du dirigeant et règles franco-britanniques. La constitution au Royaume-Uni ne suffit pas à déplacer l’imposition d’une activité réellement exercée ailleurs. Voir notre guide Créer une société en Angleterre depuis la France.
Faut-il un expert-comptable pour la fiscalité d’une Ltd ?
Ce n’est pas obligatoire pour une petite société, mais le calcul des bénéfices imposables, les allègements et la coordination avec la fiscalité du dirigeant sont techniques. La plupart des dirigeants non-résidents s’appuient sur un professionnel.
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Sources officielles
- GOV.UK : Corporation Tax rates, expenses and reliefs, consulté le 21 octobre 2026
- GOV.UK : Tax on dividends, consulté le 21 octobre 2026
- HMRC International Manual : Company residence (INTM120000)
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, comptable ou fiscal. Les taux, seuils et règles évoluent ; l’imposition dépend de la situation personnelle du dirigeant, de son pays de résidence et des conventions fiscales applicables. Faites valider votre situation par un professionnel avant toute décision.




