Est-il possible de créer une société en Angleterre tout en vivant et en travaillant depuis la France ?
Oui, un dirigeant résidant en France peut, sous certaines conditions, diriger une société britannique sans résider au Royaume-Uni. Les dirigeants d’une société britannique n’ont d’ailleurs pas l’obligation de vivre au Royaume-Uni, mais la société doit disposer d’une adresse de siège social (registered office) au Royaume-Uni.
Cette possibilité intéresse notamment les entrepreneurs français qui souhaitent développer une activité au Royaume-Uni tout en conservant leur résidence en France.
Cependant, la création d’une société en Angleterre ne détermine pas à elle seule le lieu d’imposition de l’entreprise ou de son dirigeant. Lorsque la société est effectivement gérée depuis la France ou y exerce son activité, les règles françaises, britanniques et la convention fiscale entre les deux pays peuvent entrer en jeu.
Il est donc essentiel de distinguer quatre sujets :
- la création juridique de la société au Royaume-Uni ;
- la gestion quotidienne depuis la France ;
- la résidence fiscale du dirigeant ;
- le lieu où l’activité est effectivement exercée.
Peut-on gérer une société anglaise depuis la France ?
Oui. Un dirigeant d’une société britannique peut résider en France. La réglementation britannique n’impose pas que le directeur d’une private limited company vive au Royaume-Uni. En revanche, la société doit disposer d’un registered office approprié au Royaume-Uni.
Cela signifie qu’un entrepreneur peut, par exemple :
- vivre à Paris, Lyon, Bordeaux ou dans une autre ville française ;
- être directeur d’une société enregistrée en Angleterre ;
- effectuer une partie ou la totalité de son travail depuis la France ;
- conserver une adresse officielle au Royaume-Uni pour recevoir les communications de la société.
La possibilité juridique de gérer l’entreprise depuis la France ne signifie toutefois pas que toutes les obligations se limitent au Royaume-Uni.
Gestion depuis la France : le point fiscal essentiel
Si le dirigeant prend depuis la France les principales décisions concernant la société, cette situation doit être examinée au regard des règles de résidence fiscale des sociétés et de la convention fiscale franco-britannique.
La convention entre la France et le Royaume-Uni prévoit notamment des règles concernant la résidence des personnes morales et le lieu de leur direction effective lorsqu’une société peut être considérée comme résidente des deux États.
Par ailleurs, une activité exercée en France peut, selon les circonstances, caractériser une activité imposable en France ou un établissement stable. L’administration fiscale française retient notamment la notion d’installation fixe d’affaires ou, dans certaines situations, celle d’un agent dépendant disposant du pouvoir d’engager l’entreprise.
Il ne faut donc pas considérer qu’une société anglaise gérée depuis la France est automatiquement imposée uniquement au Royaume-Uni.
Résidence fiscale : où êtes-vous imposé lorsque vous vivez en France ?

La résidence fiscale du dirigeant est une question distincte de celle du siège de la société.
Un entrepreneur peut être :
- résident fiscal français ;
- dirigeant d’une société britannique ;
- et exercer concrètement son activité depuis la France.
Dans cette situation, ses revenus personnels et la situation fiscale de la société doivent être analysés séparément.
La convention fiscale franco-britannique prévoit des règles permettant de déterminer la résidence fiscale lorsqu’une personne est susceptible d’être considérée comme résidente des deux États. Pour une personne physique, plusieurs critères sont prévus, notamment le logement permanent, le centre des intérêts vitaux, le lieu de séjour habituel et, dans certaines situations, la nationalité.
Vivre en France tout en possédant une société anglaise ne fait donc pas automatiquement perdre sa résidence fiscale française.
Société anglaise et activité exercée en France : attention à l’établissement stable
C’est l’un des points les plus importants pour un entrepreneur français.
Une société britannique peut avoir une clientèle internationale tout en étant dirigée par une personne vivant en France. Mais si une partie significative de l’activité est effectivement exercée depuis la France, il faut déterminer si cette présence crée une obligation fiscale française.
L’administration française indique qu’une entreprise étrangère peut être imposable en France lorsque son activité y est exploitée, notamment par l’intermédiaire d’un établissement, de certains représentants ou lorsqu’elle y réalise certaines opérations constituant un cycle commercial complet.
La convention fiscale franco-britannique précise de son côté les conditions dans lesquelles un établissement stable peut exister et prévoit notamment qu’une installation fixe d’affaires ou certains agents peuvent entrer dans cette définition.
Chaque situation doit donc être analysée en fonction :
- du lieu où le dirigeant travaille ;
- du lieu où les décisions sont prises ;
- de l’existence éventuelle d’un bureau ou d’un local en France ;
- de la nature des prestations réalisées ;
- des pouvoirs exercés par les personnes présentes en France ;
- de la clientèle et du cycle commercial ;
- de la convention fiscale applicable.
Quels sont les avantages d’une société au Royaume-Uni ?
Le Royaume-Uni conserve un environnement juridique et économique important pour les entreprises internationales.
Pour certains entrepreneurs, une société britannique peut notamment permettre :
- d’accéder directement au marché britannique ;
- de travailler avec des partenaires ou clients britanniques ;
- de disposer d’une structure connue des acteurs économiques internationaux ;
- de développer une activité anglophone ;
- de séparer juridiquement l’activité professionnelle du patrimoine personnel, sous réserve des règles applicables.
La création d’une private limited company peut également être réalisée sans que le dirigeant réside au Royaume-Uni, à condition notamment de disposer du siège social requis.
Ces avantages ne doivent toutefois pas être présentés comme une garantie d’une fiscalité inférieure à celle de la France : le résultat dépend du niveau de bénéfices, de l’activité, de la résidence fiscale du dirigeant et de l’endroit où l’entreprise exerce réellement son activité.
Fiscalité d’une société anglaise : quel taux de Corporation Tax ?
Le taux de l’impôt sur les sociétés britannique a évolué depuis la rédaction initiale de nombreux articles consacrés à la création d’entreprise en Angleterre.
Pour les exercices concernés en 2026 :
- le small profits rate est de 19 % pour les bénéfices ne dépassant pas £50 000 ;
- le taux principal est de 25 % pour les bénéfices supérieurs à £250 000 ;
- un mécanisme de Marginal Relief s’applique généralement entre £50 000 et £250 000, sous réserve notamment des règles relatives aux sociétés associées.
Il est donc incorrect de présenter aujourd’hui la fiscalité britannique comme un simple « impôt sur les sociétés à 19 % ».
Le taux applicable doit être déterminé à partir de la situation réelle de la société et de son niveau de bénéfices.
Créer une société en Angleterre pour payer moins d’impôts : est-ce automatique ?
Non.
La création d’une société au Royaume-Uni peut répondre à des objectifs commerciaux ou organisationnels, mais elle ne permet pas à elle seule de déplacer automatiquement l’imposition d’une activité française vers le Royaume-Uni.
Lorsqu’une société étrangère exerce son activité en France, l’administration fiscale française prévoit des règles d’imposition spécifiques. La convention franco-britannique peut ensuite déterminer quel État peut imposer les bénéfices et dans quelle mesure.
L’objectif doit donc être de mettre en place une structure juridiquement et fiscalement cohérente, plutôt que de choisir le Royaume-Uni uniquement en fonction d’un taux d’imposition.
Quelles sont les obligations d’une société britannique ?
Créer la société n’est que la première étape.
Le dirigeant reste responsable de plusieurs obligations auprès de Companies House et, selon la situation, auprès de HMRC.
Confirmation Statement
Une société britannique doit déposer au moins un Confirmation Statement tous les 12 mois afin de confirmer ou mettre à jour les informations enregistrées auprès de Companies House. Le dépôt en ligne coûte actuellement £50.
Comptes annuels
Une société doit également préparer et déposer ses annual accounts selon les règles qui lui sont applicables. Même une société inactive peut avoir des obligations de dépôt auprès de Companies House.
Corporation Tax
Lorsque la société est soumise à la Corporation Tax, elle doit effectuer les déclarations fiscales correspondantes auprès de HMRC et payer l’impôt dû.
Le directeur peut mandater un comptable ou un professionnel pour effectuer certaines démarches, mais il conserve ses responsabilités légales en tant que dirigeant.
Adresse officielle au Royaume-Uni
Une société britannique doit disposer d’un registered office address approprié au Royaume-Uni. Cette adresse est publique et doit permettre la réception effective des communications officielles.
Pour un entrepreneur résidant en France, le recours à un prestataire disposant d’une adresse professionnelle au Royaume-Uni peut donc être pertinent.
Banque : comment ouvrir un compte pour une société anglaise dirigée depuis la France ?
La gestion bancaire constitue une autre étape importante.
Une société britannique peut avoir besoin d’un compte professionnel permettant notamment :
- de recevoir les paiements des clients ;
- de régler les fournisseurs ;
- de payer les charges et taxes ;
- de gérer les paiements en GBP et éventuellement en EUR ;
- de séparer clairement les flux de l’entreprise de ceux du dirigeant.
L’ouverture d’un compte n’est toutefois pas automatique. Les banques et établissements de paiement appliquent leurs propres procédures de KYC (Know Your Customer) et peuvent demander des informations sur :
- l’identité du dirigeant ;
- les bénéficiaires effectifs ;
- l’activité ;
- les clients et fournisseurs ;
- l’origine des fonds ;
- la résidence du dirigeant ;
- les liens entre la société et la France.
Il est donc préférable de prévoir la stratégie bancaire avant ou pendant la constitution de la société, notamment lorsque le dirigeant réside en France.
Peut-on tout gérer depuis la France ?
Dans de nombreux cas, oui, sur le plan pratique.
Le dirigeant peut notamment :
- suivre la comptabilité à distance ;
- communiquer avec son comptable britannique ;
- gérer ses clients ;
- signer certains documents électroniquement ;
- suivre son compte bancaire ;
- déposer les documents requis en ligne.
Mais gérer une société depuis la France peut avoir des conséquences fiscales françaises. La facilité administrative de la gestion à distance ne doit pas être confondue avec une absence d’obligations en France.
La question centrale est donc moins « puis-je gérer ma société anglaise depuis la France ? » que « quelles conséquences fiscales et déclaratives découlent du fait que je la gère depuis la France ? »
Société anglaise et déclarations en France
Lorsqu’un dirigeant est résident fiscal français, il doit examiner ses propres obligations déclaratives françaises.
La société britannique doit également être analysée au regard de son éventuelle activité en France.
Selon la situation, des questions peuvent notamment se poser concernant :
- l’impôt sur le revenu du dirigeant ;
- les revenus ou rémunérations versés par la société ;
- les dividendes ;
- la TVA ;
- l’existence d’un établissement stable ;
- les obligations comptables et fiscales françaises ;
- les déclarations relatives aux comptes détenus à l’étranger.
Le traitement exact dépend de la situation personnelle et professionnelle du dirigeant. Il est donc préférable d’effectuer cette analyse avant la création de la société, plutôt que de chercher à régulariser la situation après son lancement.
Créer une société en Angleterre depuis la France : les étapes

Pour un entrepreneur français, le processus peut être organisé en plusieurs étapes.
-
Définir l’activité
Identifiez précisément :
Selon la situation, des questions peuvent notamment se poser concernant :
- l’impôt sur le revenu du dirigeant ;
- les revenus ou rémunérations versés par la société ;
- les dividendes ;
- la TVA ;
- l’existence d’un établissement stable ;
- les obligations comptables et fiscales françaises ;
- les déclarations relatives aux comptes détenus à l’étranger.
Le Brexit change-t-il la situation ?
Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne et n’est plus un État membre de l’UE. Une société britannique n’est donc pas une société de l’Union européenne.
Cela peut avoir des conséquences pratiques selon l’activité :
- TVA ;
- importation et exportation ;
- douanes ;
- prestations de services ;
- circulation des marchandises ;
- réglementation sectorielle ;
- relations commerciales avec des clients européens.
Créer une société en Angleterre depuis la France : les étapes
- votre activité ;
- vos clients ;
- vos marchés ;
- votre lieu de travail ;
- vos besoins bancaires ;
- vos perspectives de développement.
-
Analyser votre résidence fiscale
Déterminez où vous êtes résident fiscal et où vous exercerez concrètement votre activité.
-
Étudier le risque d’établissement stable
Avant de créer la société, analysez les conséquences de la gestion et de l’activité depuis la France. C’est un élément essentiel de la structuration fiscale.
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Constituer la société britannique
La société doit notamment disposer d’un directeur et d’un registered office conforme aux exigences britanniques.
-
Mettre en place la comptabilité et les obligations fiscales
Il faut ensuite organiser les comptes, les déclarations auprès de Companies House et, lorsque nécessaire, auprès de HMRC.
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Organiser la banque
La stratégie bancaire doit être adaptée au profil de l’entreprise, au pays de résidence du dirigeant et aux flux prévus.
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Vérifier les obligations françaises
Enfin, il faut déterminer si l’activité ou le dirigeant a des obligations fiscales, sociales ou déclaratives en France.
Pourquoi se faire accompagner pour créer une société en Angleterre depuis la France ?
Créer une société britannique est relativement simple sur le plan administratif. La difficulté est souvent ailleurs : dans la cohérence entre la société britannique, la résidence fiscale française, le lieu réel de l’activité, la banque et les obligations déclaratives.
Une erreur fréquente consiste à raisonner uniquement en termes de pays de constitution :
« Ma société est anglaise, donc je paie mes impôts en Angleterre. »
Cette approche est trop simpliste.
Le véritable enjeu est de déterminer où l’entreprise est dirigée, où l’activité est exercée, où se trouve le dirigeant et quelles règles fiscales franco-britanniques s’appliquent.
Création d’une société en Angleterre : consultez ICD Fiduciaries
Vous vivez en France et envisagez de créer une société en Angleterre ? Avant de constituer votre entreprise, il est utile de vérifier que la structure envisagée est cohérente avec votre résidence fiscale, votre activité et vos objectifs.
ICD Fiduciaries vous accompagne dans votre projet de création et de gestion d’une société au Royaume-Uni, notamment pour les entrepreneurs français qui souhaitent gérer leur entreprise depuis la France.
Lors d’une consultation, vous pouvez notamment examiner :
- la structure adaptée à votre projet ;
- les modalités de création au Royaume-Uni ;
- la gestion de la société depuis la France ;
- les obligations administratives annuelles ;
- les coûts de création et de fonctionnement ;
- les besoins en matière d’adresse professionnelle ;
- les opérations bancaires ;
- les questions fiscales et déclaratives à étudier avec vos conseils.
Vous envisagez de créer une société en Angleterre tout en restant résident en France ? Contactez ICD Fiduciaries pour une consultation et analysez votre projet avant de procéder à la constitution de la société.
FAQ – Créer une société en Angleterre et travailler depuis la France
Peut-on créer une société en Angleterre tout en vivant en France ?
Oui. Un résident français peut généralement être dirigeant d’une société britannique sans résider au Royaume-Uni.
La société doit toutefois respecter les conditions applicables aux sociétés britanniques, notamment disposer d’un registered office address approprié au Royaume-Uni.
La création de la société au Royaume-Uni ne détermine cependant pas, à elle seule, le lieu où les bénéfices seront imposés. Lorsque l’entreprise est dirigée ou exerce réellement son activité depuis la France, les règles fiscales françaises et britanniques doivent être examinées.
Peut-on gérer une société anglaise depuis la France ?
Oui. Il est possible, sur le plan pratique, de gérer une société britannique depuis la France.
Le dirigeant peut notamment résider en France, travailler à distance, gérer les clients, suivre la comptabilité, communiquer avec les prestataires et effectuer certaines formalités en ligne.
Toutefois, le fait de pouvoir gérer la société à distance ne signifie pas que la société sera automatiquement imposée uniquement au Royaume-Uni. Le lieu de direction effective et le lieu réel d’exercice de l’activité doivent notamment être examinés.
Faut-il résider en Angleterre pour créer une société britannique ?
Non. Le dirigeant d’une société britannique n’a généralement pas besoin de résider au Royaume-Uni.
En revanche, la société doit disposer d’un registered office conforme aux exigences britanniques. Cette adresse sert notamment à recevoir les communications officielles de la société.
Peut-on être résident fiscal français et dirigeant d’une société anglaise ?
Oui. Il est tout à fait possible d’être résident fiscal français tout en étant dirigeant ou associé d’une société britannique.
Il faut toutefois distinguer la résidence fiscale du dirigeant de la résidence fiscale et du lieu d’imposition de la société.
Les revenus personnels du dirigeant et les bénéfices de la société doivent faire l’objet d’analyses distinctes.
Une société anglaise gérée depuis la France est-elle imposée en France ?
Pas nécessairement dans tous les cas, mais cette question doit être examinée avec attention.
Lorsque les principales décisions de gestion sont prises depuis la France ou que l’activité de la société y est effectivement exercée, des conséquences fiscales françaises peuvent notamment se poser.
La convention fiscale entre la France et le Royaume-Uni doit également être prise en compte pour déterminer les règles applicables en matière de résidence et d’imposition.
Qu’est-ce que la direction effective d’une société ?
La direction effective correspond, de manière générale, au lieu où sont prises les décisions essentielles concernant la gestion et la conduite de l’entreprise.
Lorsqu’un dirigeant réside en France et prend depuis la France les principales décisions concernant une société britannique, cette situation peut avoir une importance fiscale.
Il est donc important de ne pas considérer uniquement l’adresse officielle de la société, mais également son fonctionnement réel.
Une société anglaise peut-elle avoir un établissement stable en France ?
Oui, selon les circonstances.
Une entreprise britannique peut notamment être considérée comme ayant un établissement stable en France lorsqu’elle dispose d’une présence répondant aux critères prévus par le droit applicable et par la convention fiscale franco-britannique.
L’analyse peut notamment prendre en compte l’existence d’un bureau ou d’une installation en France, les activités qui y sont exercées et les pouvoirs dont disposent les personnes présentes en France.
Travailler depuis son domicile en France pour une société anglaise crée-t-il un établissement stable ?
Ce n’est pas automatique.
Le fait qu’un dirigeant travaille depuis son domicile français doit être apprécié en fonction de l’ensemble des circonstances : nature de l’activité, rôle du dirigeant, lieu où sont prises les décisions, caractère permanent de l’activité en France, pouvoirs exercés et autres éléments pertinents.
Une analyse personnalisée est donc nécessaire avant de conclure à l’existence ou à l’absence d’un établissement stable.
Une société anglaise permet-elle de payer moins d’impôts qu’en France ?
Pas automatiquement.
Le fait de constituer une société au Royaume-Uni ne suffit pas à transférer l’imposition d’une activité exercée depuis la France vers le Royaume-Uni.
Le résultat fiscal dépend notamment du niveau de bénéfices, de la nature de l’activité, du lieu où elle est réellement exercée, de la résidence fiscale du dirigeant et des règles franco-britanniques applicables.
Quel est le taux de Corporation Tax au Royaume-Uni ?
Pour les exercices concernés en 2026, le Royaume-Uni applique notamment :
- un small profits rate de 19 % pour les bénéfices ne dépassant pas £50 000 ;
- un taux principal de 25 % pour les bénéfices supérieurs à £250 000 ;
- un mécanisme de Marginal Relief entre ces deux seuils, sous réserve notamment des règles applicables aux sociétés associées.
Le taux effectivement applicable doit donc être déterminé en fonction de la situation de la société.
Une société britannique paie-t-elle toujours 19 % d’impôt sur ses bénéfices ?
Non.
Présenter la fiscalité britannique comme un simple « impôt sur les sociétés à 19 % » est inexact.
Le taux dépend notamment du niveau des bénéfices et de la situation de la société. Entre £50 000 et £250 000 de bénéfices, un mécanisme de Marginal Relief peut notamment s’appliquer.
Quelles sont les obligations annuelles d’une société britannique ?
Une société britannique doit respecter différentes obligations auprès notamment de Companies House et, selon sa situation, de HMRC.
Ces obligations peuvent notamment comprendre :
- le dépôt du Confirmation Statement ;
- la préparation et le dépôt des comptes annuels ;
- les déclarations relatives à la Corporation Tax lorsque celle-ci est applicable ;
- la mise à jour des informations enregistrées ;
- le respect des obligations comptables et administratives applicables.
Le dirigeant reste responsable du respect des obligations légales, même lorsqu’il confie certaines démarches à un comptable ou à un professionnel.
Qu’est-ce que le Confirmation Statement d’une société britannique ?
Le Confirmation Statement est une déclaration permettant à une société britannique de confirmer ou de mettre à jour les informations enregistrées auprès de Companies House.
Une société doit généralement déposer au moins un Confirmation Statement au cours de chaque période de 12 mois.
Une société anglaise doit-elle avoir une adresse au Royaume-Uni ?
Oui. Une société britannique doit disposer d’un registered office address approprié au Royaume-Uni.
Cette adresse est notamment utilisée pour recevoir les communications et notifications officielles de la société.
Pour un entrepreneur vivant en France, il peut donc être nécessaire de recourir à un prestataire proposant une adresse professionnelle au Royaume-Uni.
Peut-on créer une société anglaise sans avoir de bureau en Angleterre ?
Oui, dans le sens où le dirigeant n’a pas nécessairement besoin d’avoir un bureau physique personnel au Royaume-Uni.
La société doit néanmoins disposer d’un registered office répondant aux exigences britanniques. Il faut également distinguer cette adresse officielle du lieu où l’activité est réellement exercée.
Peut-on ouvrir un compte bancaire britannique depuis la France ?
C’est généralement possible, mais l’ouverture d’un compte n’est pas automatique.
Les banques et établissements de paiement appliquent leurs propres procédures de vérification (KYC – Know Your Customer). Ils peuvent notamment demander des informations sur :
- l’identité du dirigeant ;
- les bénéficiaires effectifs ;
- l’activité de l’entreprise ;
- les clients et fournisseurs ;
- l’origine des fonds ;
- la résidence du dirigeant ;
- les liens entre la société et la France.
Le choix de la solution bancaire doit donc être anticipé lors de la création de la société.
Peut-on gérer une société anglaise entièrement à distance depuis la France ?
Dans de nombreux cas, oui sur le plan opérationnel.
Le dirigeant peut notamment gérer à distance la relation avec les clients, la comptabilité, certains documents, les paiements et les démarches administratives.
Cependant, la gestion depuis la France peut avoir des conséquences fiscales et déclaratives. La possibilité technique de tout gérer en ligne ne signifie donc pas que la société n’aura aucune obligation en France.
Quelles obligations fiscales a un résident français qui possède une société anglaise ?
La réponse dépend de la situation personnelle du dirigeant et de celle de la société.
Il peut notamment être nécessaire d’examiner :
- la rémunération du dirigeant ;
- les dividendes ;
- les autres revenus éventuellement perçus ;
- la situation fiscale de la société ;
- la TVA ;
- l’existence éventuelle d’un établissement stable en France ;
- les obligations déclaratives relatives aux comptes détenus à l’étranger.
L’analyse doit être réalisée avant la mise en place de la structure afin d’éviter de traiter les conséquences fiscales uniquement après le début de l’activité.
Faut-il déclarer une société anglaise aux impôts français ?
La réponse dépend notamment de la situation du dirigeant, de la société et de l’activité exercée en France.
Un résident fiscal français peut avoir des obligations déclaratives concernant ses revenus et certains avoirs ou comptes détenus à l’étranger. La société britannique peut également avoir des obligations en France si elle y exerce certaines activités ou répond aux critères fiscaux applicables.
Il convient donc d’examiner séparément les obligations du dirigeant et celles de la société.
Une société anglaise doit-elle facturer la TVA française ?
Pas systématiquement.
Le traitement TVA dépend notamment de la nature des biens ou services, de la localisation des clients, de leur statut, des flux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne et des règles de TVA applicables.
Depuis le Brexit, les opérations entre le Royaume-Uni et la France doivent être analysées en tenant compte du statut du Royaume-Uni comme pays situé hors de l’Union européenne.
Le Brexit a-t-il changé les règles pour les sociétés anglaises ?
Oui.
Depuis sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni n’est plus un État membre de l’UE. Les entreprises britanniques ne bénéficient donc plus du même cadre que les sociétés établies dans un État membre.
Selon l’activité, cela peut avoir des conséquences en matière de TVA, de douanes, d’importation, d’exportation, de prestations de services et de réglementation sectorielle.
Peut-on créer une société en Angleterre pour travailler avec des clients français ?
Oui.
Une société britannique peut travailler avec des clients situés en France. Toutefois, si le dirigeant exerce lui-même l’activité depuis la France, il faut analyser les conséquences fiscales et éventuellement sociales liées à cette situation.
La localisation des clients n’est donc pas le seul élément permettant de déterminer les obligations fiscales de l’entreprise.
Une société anglaise peut-elle travailler avec des clients européens ?
Oui.
Une société britannique peut commercialiser ses produits ou services auprès de clients situés dans l’Union européenne.
Depuis le Brexit, certaines opérations peuvent toutefois être soumises à des règles spécifiques concernant notamment la TVA, les douanes, l’importation ou l’exportation.

Quelles sont les étapes pour créer une société en Angleterre depuis la France ?
Le processus peut généralement être organisé en plusieurs étapes :
- Définir l’activité et le modèle économique.
- Identifier les clients et les marchés visés.
- Déterminer la résidence fiscale du ou des dirigeants.
- Analyser le lieu réel d’exercice de l’activité.
- Examiner les éventuelles conséquences liées à un établissement stable en France.
- Constituer la société britannique.
- Mettre en place le registered office.
- Organiser la comptabilité et les obligations auprès de Companies House et HMRC.
- Mettre en place une solution bancaire adaptée.
- Vérifier les obligations fiscales, sociales et déclaratives françaises.
Combien coûte la création d’une société en Angleterre ?
Le coût dépend notamment des frais de constitution, de l’adresse de registered office, des éventuels services administratifs, de la comptabilité, de la banque et des obligations annuelles de la société.
Il est donc préférable de distinguer le coût initial de constitution du coût annuel de fonctionnement.
Une société anglaise est-elle plus simple à gérer qu’une société française ?
La gestion administrative peut être organisée à distance et certaines démarches britanniques sont accessibles en ligne.
Cependant, pour un dirigeant résidant en France, la difficulté principale peut se situer au niveau de l’articulation entre les obligations britanniques et françaises.
La simplicité de la constitution ne doit donc pas être confondue avec la simplicité de la situation fiscale globale.
Peut-on être le seul dirigeant et associé d’une société anglaise ?
Oui. Une private limited company britannique peut notamment être constituée avec un seul actionnaire et un seul directeur, sous réserve du respect des exigences légales applicables.
La structure exacte et les personnes à déclarer doivent toutefois être vérifiées lors de la constitution.
Une société anglaise est-elle adaptée à un entrepreneur français qui travaille depuis la France ?
Cela dépend du projet.
Une société britannique peut être pertinente pour un entrepreneur ayant une activité ou des clients au Royaume-Uni, ou souhaitant disposer d’une structure britannique pour des raisons commerciales.
Mais lorsque l’entrepreneur vit et travaille principalement depuis la France, il faut examiner au préalable la résidence fiscale, le lieu de direction, le lieu d’exercice de l’activité et les éventuelles conséquences fiscales françaises.
Pourquoi se faire accompagner pour créer une société anglaise depuis la France ?
La’accompagnement peut notamment porter sur la création de la société, les obligations administratives, l’adresse professionnelle au Royaume-Uni, la gestion courante et les questions à examiner constitution juridique d’une société britannique constitue seulement une partie du projet.
Pour un entrepreneur résident français, il est également important de vérifier la cohérence entre :
- la structure britannique ;
- le lieu réel de travail ;
- la résidence fiscale ;
- la gestion de la société ;
- les obligations auprès de Companies House et HMRC ;
- la fiscalité française ;
- la banque ;
- la TVA et les flux commerciaux avec l’Union européenne.
Cette analyse permet de prendre en compte la situation globale avant la constitution de la société.
ICD Fiduciaries accompagne-t-il les entrepreneurs français souhaitant créer une société en Angleterre ?
ICD Fiduciaries accompagne les entrepreneurs internationaux dans leurs projets de création et de gestion de sociétés au Royaume-Uni, notamment les entrepreneurs résidant en France.
L’accompagnement peut notamment porter sur la création de la société, les obligations administratives, l’adresse professionnelle au Royaume-Uni, la gestion courante et les questions à examiner avec les conseils fiscaux et comptables.
Quel est le point essentiel à retenir lorsqu’on crée une société anglaise depuis la France ?
Le fait qu’une société soit constituée au Royaume-Uni ne signifie pas automatiquement que son activité sera imposée uniquement au Royaume-Uni.
Pour un entrepreneur qui vit et travaille en France, il faut notamment distinguer :
- le pays de constitution de la société ;
- le lieu où les décisions sont prises ;
- le lieu où l’activité est réellement exercée ;
- la résidence fiscale du dirigeant ;
- l’existence éventuelle d’un établissement stable ;
- les obligations fiscales et déclaratives en France et au Royaume-Uni.
C’est cette analyse globale qui permet de déterminer si la structure envisagée est cohérente avec le projet de l’entrepreneur.
Date : 28.09.2026.





