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La liste européenne des juridictions fiscales non coopératives : un dispositif listant les paradis fiscaux

liste europeenne des juridictions fiscales non coopératives

Une réponse européenne aux grands scandales fiscaux

À la suite des révélations des affaires LuxLeaks (2014), Panama Papers (2016), Paradise Papers (2017), puis des Pandora Papers (2021), l’Union européenne a considérablement renforcé sa politique de lutte contre la fraude, l’évasion et les pratiques fiscales dommageables.

L’une des principales mesures adoptées a été la création, en décembre 2017, de la liste européenne des paradis fiscaux, désormais mise à jour deux fois par an par le Conseil de l’Union européenne.

Cette liste constitue aujourd’hui un instrument central de la politique européenne en matière de gouvernance fiscale internationale et l’optimisation fiscale internationale trop agressive.

Une liste régulièrement actualisée

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Contrairement à une liste figée, la liste européenne évolue en permanence.

Les juridictions peuvent être inscrites, retirées ou placées sous surveillance selon les engagements qu’elles prennent et les réformes effectivement mises en œuvre.

À la suite de la révision de février 2026, la liste comprend dix juridictions :

  • les Samoa américaines ;
  • Anguilla ;
  • Guam ;
  • les Palaos ;
  • le Panama ;
  • la Russie ;
  • les îles Turques-et-Caïques ;
  • les îles Vierges américaines ;
  • le Vanuatu ;
  • le Viêt Nam.

Cette actualisation régulière illustre la volonté de l’Union européenne d’exercer une pression diplomatique permanente sur les juridictions qui ne respectent pas les standards internationaux en matière de transparence fiscale.

Les critères retenus par l’Union européenne

La méthodologie retenue par le Conseil de l’Union européenne repose toujours sur trois grands critères.

La transparence fiscale

Les juridictions doivent respecter les standards internationaux d’échange de renseignements fiscaux, notamment l’échange automatique d’informations développé dans le cadre de l’OCDE.

L’équité fiscale

L’Union européenne vérifie l’absence de régimes fiscaux considérés comme dommageables ou favorisant artificiellement le transfert de bénéfices sans véritable activité économique.

La mise en œuvre des standards internationaux

Les juridictions doivent appliquer les recommandations issues du projet BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) de l’OCDE et respecter les principes internationaux destinés à lutter contre l’érosion de la base d’imposition et les transferts artificiels de bénéfices.

Une procédure fondée sur le dialogue

Avant toute inscription sur la liste, les juridictions concernées sont invitées à dialoguer avec les autorités européennes.

Elles peuvent prendre des engagements de réforme, lesquels font l’objet d’un suivi régulier. Lorsque ces engagements sont respectés, la juridiction peut être retirée de la liste ou être inscrite sur un document de suivi des engagements (« Annexe II »).

Ce mécanisme explique les évolutions fréquentes de la liste européenne.

Un dispositif qui continue de susciter des critiques car ne visant que les États situés hors de l’Union Européenne

European list of non-cooperative tax jurisdictions

Si la création de cette liste constitue une avancée importante en matière de coopération fiscale internationale, son efficacité demeure régulièrement discutée.

La principale critique porte sur son champ d’application : seuls les États et territoires situés hors de l’Union européenne peuvent y figurer.

Or plusieurs États membres, notamment l’Irlande, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas ou encore Chypre, continuent d’être régulièrement cités dans les études économiques et les rapports d’ONG pour certains dispositifs fiscaux particulièrement attractifs, sans pouvoir être inscrits sur cette liste.

Cette situation alimente un débat récurrent sur la cohérence du dispositif européen.

Un outil désormais intégré à la stratégie fiscale européenne

Depuis sa création, la liste européenne des juridictions fiscales non coopératives s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large comprenant :

  • le renforcement des directives européennes relatives à la coopération administrative (DAC) ;
  • les obligations de transparence imposées aux entreprises multinationales ;
  • les travaux de l’OCDE sur les projets BEPS ;
  • la mise en œuvre progressive de l’impôt minimum mondial de 15 % (Pilier 2).

La liste noire européenne n’a donc plus vocation à constituer un instrument isolé.

Elle s’insère désormais dans un ensemble cohérent de mesures destinées à renforcer la transparence fiscale internationale et à lutter contre les pratiques fiscales dommageables.

Un dispositif appelé à évoluer

Près de dix ans après sa création, la liste européenne est devenue un outil permanent de la gouvernance fiscale internationale.

Si son efficacité fait toujours débat, elle exerce une pression réelle sur les juridictions concernées et les incite à renforcer leur coopération avec les autorités fiscales.

Son évolution dépendra désormais des nouvelles normes internationales, de la mise en œuvre complète du Pilier 2 de l’OCDE et des futures initiatives européennes en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.